mercredi 4 juillet 2012

Ça magouille dans le pétrole...

« On a claqué la porte »

« C’est un pari. On a la foi de l’explorateur », ajoute le pétrolier. Pour Total, c’est un forage à « haut risque et haut rendement » :« On accepte la probabilité de tomber sur un puits sec, mais on peut aussi décrocher la timbale. » Les investissements envisagés sont colossaux : entre 5 et 10 milliards d’euros. Le Stena IceMax, le bateau de forage tout droit venu de son chantier sud-coréen, coûte un million de dollars (790 000 euros) par jour. Pour ces multinationales, l’enjeu est énorme alors que la part du domaine minier mondial qu’elles exploitent recule au profit des compagnies nationales, comme la russe Gazprom ou la saoudienne Aramco. Le site guyanais recèle donc potentiellement le plus gros gisement pétrolier français.

Le Stena Icemax, le bateau de forage des puits guyanais (document d'appréciation des impacts environnementaux)
Le Stena Icemax, le bateau de forage des puits guyanais
(document d'appréciation des impacts environnementaux)

Et pourtant, la perspective d’exploiter ces hydrocarbures ne suscite presque aucun débat en France, alors que le pays vient de connaître une ample mobilisation contre les gaz de schiste. Parce que ces recherches exploratoires se déroulent en Guyane, loin des yeux et du cœur des métropolitains ? Ou parce que personne n’ose penser la sortie du pétrole ? Il a fallu la disgrâce de Nicole Bricq, alors que la ministre de l’écologie tentait d’imposer de nouvelles contraintes environnementales et financières au consortium pétrolier, pour que l’attention soit attirée sur les permis de Guyane. Même son cabinet n’imagine pas laisser ces fossiles dans le sol, annonçant une simple« remise à plat »« Cela aurait été trop coûteux de suspendre ces permis, il aurait fallu indemniser les dépenses très importantes réalisées depuis 2001 », explique un conseiller ministériel. Même chez les écologistes, peu de voix s’élèvent contre les permis guyanais. Ministre du logement, Cécile Duflot juge impossible l’arrêt de ces forages. Sénateur EELV, et opposant sans faille au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Ronan Dantec considère que « c’était un coup parti… » « Une politique publique, ça bouge comme un paquebot, on ne va pas juger l’action du gouvernement là-dessus. »

 

Localisation des futurs sites de forage.
Localisation des futurs sites de forage.

Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur les conditions dans lesquelles le plus gros pétrolier européen s’apprête à forer à 130 km des côtes d’un joyau du patrimoine naturel français, dans des eaux où nagent les représentants de deux espèces menacées, la tortue luth et la baleine à bosse. Contrôle insuffisant de l’Etat à cause des défaillances du code minier, doutes sur le respect du code de l’environnement, inquiétudes sur les bénéfices économiques et sociaux pour la Guyane, l’un des départements français les plus pauvres (21 % de chômage)… « Ces forages posent plusieurs problèmes, énumère un conseiller ministériel : l’impact sur les tortues marines, les rejets que l’opérateur compte effectuer en mer, le manque de démocratie locale, l’absence de retombées économiques locales au stade de l’exploration. » Les services du ministère de l’écologie ont remonté jusqu’aux cabinets des alertes environnementales, confirme un autre conseiller.

Mis sous pression par Nicole Bricq et Arnaud Montebourg, Shell a concédé de nouveaux engagements, révélés par Le Canard enchaîné et nouvelobs.com : la présence d’observateurs embarqués pour surveiller l’approche d’animaux marins, un fonds d’aide à la recherche scientifique, un fonds de développement économique, un site internet… « Mais presque tout avait déjà été évoqué par Shell lors de réunions avec le préfet, et dans cet accord, rien n’atténue l’impact des forages », regrette Christian Roudgé, coordinateur de l’ONG Guyane Nature Environnement – affiliée à la puissante fédération France Nature Environnement.

Sur place, les associations de protection de la nature ne souhaitaient pas toutes a priori s’élever contre les forages. Mais leurs réticences ont grimpé à vue d’œil, au fil de réunions d’information en guise de consultation. Nyls de Pracontal, directeur du groupe d’étude et de protection des oiseaux en Guyane (Gepog), se souvient même de réunions de concertation tenues au bureau de Shell, à Cayenne, et présidées par un responsable de la multinationale. « On a claqué la porte » au bout de plusieurs rendez-vous stériles, raconte Christian Roudgé.

Extrait d'un article très long et détaillé de "Médiapart"

 

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                              Que ce gouvernement ne se berce pas d'illusions. Qu'il se rappelle de quoi on est capable pour défendre notre petit coin de Seine et Marne.

                              Nicole Bricq virée... OK Que "Toréador"ne croit surtout pas avoir gagné, nous serons là et bien là. Demain soir, à "Territoire d'avenir" la réunion va être chaude.

                         Vite, il nous le faut ce collectif, allez, au boulot...

                         

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